Corps, émotions et énergie

Lâcher prise par le corps : 6 pratiques concrètes

« Lâche prise » : facile à dire, beaucoup moins à faire quand le mental tourne en boucle. Le corps offre souvent un chemin plus direct. Voici six pratiques simples, à faire chez vous, pour lâcher prise quand la tête refuse de s’arrêter.

Pauline SantosSoins psycho-corporels & massages

6 min de lecture

L’essentiel en 30 secondes

  • On ne lâche pas prise par la volonté : on crée les conditions pour que cela arrive.
  • Le corps est souvent la porte d’entrée la plus simple pour calmer le mental.
  • Six pratiques : expiration longue, scan corporel, secouer, contracter-relâcher, auto-massage, marche.
  • Quelques minutes par jour suffisent : la régularité compte plus que la durée.
  • Si l’anxiété vous envahit, parlez-en à votre médecin.
Sommaire
  1. Lâcher prise : pourquoi passer par le corps ?
  2. Pratiques 1 et 2 : respirer et observer
  3. Pratiques 3 et 4 : bouger et relâcher
  4. Pratiques 5 et 6 : se toucher et marcher
  5. Comment intégrer ces pratiques au quotidien ?
  6. Et si le lâcher-prise ne vient pas ?
  7. Questions fréquentes

Lâcher prise : pourquoi passer par le corps ?

Lâcher prise, c’est cesser de vouloir tout contrôler pour laisser les choses être, au moins un moment. Le paradoxe, c’est qu’on ne peut pas lâcher prise par la volonté : plus on essaie, plus on se crispe. Passer par le corps permet de contourner ce piège. En relâchant les muscles et le souffle, on invite le mental à suivre.

Le corps et l’esprit fonctionnent ensemble. Quand vous êtes inquiet·e, vos épaules montent et votre respiration devient courte. Le chemin inverse marche aussi : une respiration plus lente et des épaules qui redescendent envoient au cerveau un message de sécurité.

C’est l’idée qui guide aussi les soins de Pauline au cabinet EYWA CONSCIENCE, comme le soin psycho-corporel SomaEmotion : partir du corps pour apaiser ce qui se joue à l’intérieur. Mais vous pouvez commencer seul·e, chez vous, avec les six pratiques qui suivent.

Aucune n’exige de matériel ni de talent particulier. Choisissez-en une ou deux qui vous parlent, et essayez-les quelques jours.

Pratiques 1 et 2 : respirer et observer

Les deux premières pratiques pour lâcher prise sont les plus simples : allonger l’expiration et faire un scan corporel. La première calme le système nerveux en quelques minutes. La seconde ramène l’attention dans le corps et repère les tensions sans les juger. Elles se pratiquent partout, assis·e ou allongé·e, même au bureau.

1. Allonger l’expiration

Posez une main sur le ventre. Inspirez par le nez en laissant le ventre se gonfler. Expirez lentement par la bouche, un peu plus longtemps que l’inspiration, comme si vous souffliez sur une bougie sans l’éteindre. Répétez pendant deux à trois minutes.

L’expiration longue est un signal de détente pour le corps. Vous sentirez souvent les épaules descendre d’elles-mêmes.

2. Le scan corporel

Fermez les yeux. Portez votre attention sur vos pieds, puis remontez lentement : mollets, genoux, cuisses, bassin, ventre, poitrine, épaules, bras, mains, nuque, visage. À chaque étape, observez simplement ce que vous sentez. Si une zone est tendue, ne cherchez pas à la changer. Notez-la, respirez vers elle, et continuez.

Cette pratique aide à repérer où votre corps garde le stress. C’est souvent là que se logent des émotions bloquées dans le corps.

Pratiques 3 et 4 : bouger et relâcher

Les pratiques 3 et 4 passent par le mouvement : secouer le corps et alterner contraction et relâchement. Elles conviennent bien quand vous êtes trop agité·e pour rester immobile. Le mouvement aide le corps à évacuer la tension accumulée, puis le relâchement qui suit permet de sentir la différence entre un muscle crispé et un muscle détendu.

3. Secouer le corps

Debout, pieds bien posés, commencez à secouer doucement les mains, puis les bras, les épaules, les jambes. Laissez le mouvement grandir, sans forme particulière, pendant une à deux minutes. Puis arrêtez-vous et restez immobile quelques respirations. Observez les sensations : chaleur, picotements, calme.

Beaucoup d’animaux se secouent après un moment de stress. Nous avons tendance à l’oublier.

4. Contracter puis relâcher

Allongé·e ou assis·e, serrez fort les poings pendant cinq secondes, puis relâchez d’un coup. Faites de même avec les épaules, que vous montez vers les oreilles, puis avec le visage, que vous froncez. Chaque fois, savourez le moment du relâchement.

Cette alternance apprend au corps à reconnaître la détente. Elle est précieuse si vous ne sentez plus vos tensions, comme dans le cercle vicieux du stress et des tensions musculaires.

Pratiques 5 et 6 : se toucher et marcher

Les deux dernières pratiques misent sur la douceur : l’auto-massage et la marche lente. L’auto-massage offre au corps un toucher rassurant, même sans praticien. La marche, surtout dehors, aide le mental à se poser grâce à un rythme régulier. Ce sont deux façons simples de prendre soin de soi au quotidien.

5. L’auto-massage

Massez lentement vos mains, la paume puis chaque doigt. Passez ensuite à la nuque, avec de petits cercles du bout des doigts, sans appuyer fort. Terminez par le visage : front, tempes, mâchoire. Respirez calmement pendant tout le geste.

Le ventre est aussi une zone où l’on peut se masser en douceur. Si cela vous intéresse, découvrez notre article sur l’auto-massage du ventre.

6. La marche lente

Marchez dix minutes, de préférence à l’extérieur, plus lentement que d’habitude. Sentez vos pieds se poser au sol, l’air sur votre visage, le balancement de vos bras. Si les pensées reviennent, ramenez doucement votre attention sur vos pas.

Ce n’est pas une promenade pour « réfléchir à ses problèmes ». C’est un moment pour laisser le corps marcher, et la tête se reposer.

Comment intégrer ces pratiques au quotidien ?

Pour intégrer ces pratiques au quotidien, accrochez-les à des moments que vous vivez déjà : une respiration longue avant d’allumer l’ordinateur, un scan corporel au coucher, une marche après le déjeuner. Quelques minutes suffisent. Ce qui compte, c’est la régularité. Le corps apprend à lâcher prise comme il a appris à se crisper : par répétition.

  • Le matin : une minute d’expiration longue avant de regarder votre téléphone.
  • En journée : un contracter-relâcher des épaules entre deux tâches.
  • Après le travail : secouer le corps pour marquer la transition.
  • Le soir : un auto-massage des mains ou un scan corporel au lit.

Certains jours, rien ne semblera marcher. C’est normal. Une pratique n’a pas besoin d’être « réussie » pour être utile.

Et parfois, recevoir un soin permet d’aller plus loin. Un toucher bienveillant, dans un cadre sécurisant, aide le corps à lâcher ce qu’il n’arrive pas à relâcher seul.

Et si le lâcher-prise ne vient pas ?

Si le lâcher-prise ne vient pas, ne forcez pas. Changez de pratique, réduisez la durée, ou essayez à un autre moment de la journée. Certaines personnes ont besoin de bouger avant de se poser. Et si une période de stress dure, que la charge émotionnelle devient trop lourde ou que l’anxiété vous envahit, il est temps de demander de l’aide.

Quand consulter un médecin

Consultez votre médecin si l’anxiété vous empêche de dormir ou de faire face au quotidien, si vous ressentez des palpitations ou une oppression, ou si un mal-être s’installe depuis plusieurs semaines. Ces pratiques corporelles sont des outils de bien-être. Elles ne remplacent jamais un avis médical ni un suivi psychologique.

Bon à savoir

Adaptez chaque pratique à votre corps. Si un mouvement provoque une douleur, arrêtez-le. En cas de grossesse, de blessure récente ou de problème de santé, demandez l’avis de votre médecin avant de commencer une nouvelle pratique physique.

Questions fréquentes

Comment lâcher prise quand on n’y arrive pas ?

Arrêtez d’essayer de lâcher prise par la volonté : cela crispe davantage. Passez plutôt par le corps, avec une pratique simple comme l’expiration longue ou la marche lente. Commencez par une ou deux minutes seulement. Si rien ne fonctionne pendant une longue période et que l’anxiété vous pèse, parlez-en à votre médecin.

Combien de temps faut-il pratiquer pour lâcher prise ?

Quelques minutes par jour suffisent pour commencer. Une expiration longue de deux minutes ou un scan corporel de cinq minutes au coucher apportent déjà un apaisement. La régularité compte bien plus que la durée. Après quelques semaines, le corps retrouve plus facilement le chemin de la détente.

Quelle est la pratique la plus simple pour lâcher prise ?

L’expiration longue est souvent la plus simple. Une main sur le ventre, inspirez par le nez, puis expirez lentement par la bouche, un peu plus longtemps que l’inspiration. Deux à trois minutes suffisent souvent à sentir les épaules redescendre. Elle se pratique partout, même au bureau ou dans les transports.

Un massage peut-il aider à lâcher prise ?

Oui, beaucoup de personnes trouvent plus facile de lâcher prise en recevant un soin. Le toucher, le calme du cadre et la présence d’une personne attentive aident le corps à relâcher ce qu’il retient. C’est un complément aux pratiques du quotidien, qui ne remplace pas un avis médical en cas de difficulté importante.

Portrait de Pauline Santos

Écrit par

Pauline Santos

Soins psycho-corporels & massages

Praticienne en soins psycho-corporels, massages et aromathérapie, Pauline accompagne le corps et les émotions au cabinet EYWA CONSCIENCE, à Thil, près de Lyon.

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